Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 05:24
« Le principal défaut de l\'administration est sa non-gestion »


Jacques Marseille fut professeur à l’université de Paris 1- Panthéon- Sorbonne. Agrégé d’histoire, docteur d’État et auteur notamment de « La guerre des deux France, celle qui avance et celle qui freine » (Plon, 2004) et de « Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007 » (Perrin, 2007).

AVM : "Quelle est, selon vous, la principale qualité de l’administration française ?"

Jacques Marseille : Il me semble que la principale qualité de l’administration est l’honnêteté de ceux qui y travaillent. Ce sont, dans l’ensemble, des gens honnêtes, imprégnés de l’intérêt général.

AVM : "Quel est, selon vous, le principal défaut de l’administration française ?"

Jacques Marseille : Le principal défaut de l’administration, ce ne sont pas les fonctionnaires, mais le système lui-même avec sa non-gestion, sa non-valorisation des personnels. Cette non-gestion génère une sorte de lassitude généralisée. Je le vois notamment au niveau du monde enseignant. Quand le ministre Claude Allègre emploie le mot « mammouth », c’est vraiment le bon mais ce n’est pas les gens qui sont le « mammouth », c’est le système qui l’est.

AVM : "Quelle serait, selon vous, la grande réforme à mener en France ?"

Jacques Marseille : La grande réforme, la première à mener en France, est celle du système éducatif. En commençant par supprimer le bac et en essayant de convaincre les parents - ce serait une révolution ! - que l’enseignement professionnel a autant de valeur que l’enseignement général. Notre système éducatif a à déplorer que 140 000 jeunes sortent tous les ans de leur cursus universitaire sans rien. La France recrute ses élites comme le ferait un pays de 6 millions d’habitants et 140 000 jeunes n’ont rien à la sortie. C’est horrible.

AVM : "Quelles administrations pourraient être, selon vous, supprimées en France ?"

Jacques Marseille : Si l’on voulait supprimer des administrations, je plaiderais en priorité pour la suppression du secrétariat d’État aux Anciens Combattants, ainsi que le ministère de l’Agriculture. Nous avons aujourd’hui trop de secrétariats d’État et, d’une façon plus générale, notre État souffre de trop de dilution des responsabilités au niveau national et même territorial. Cette dilution est très mauvaise pour les réformes.

AVM : "Quels sont les atouts de la France dans la mondialisation ?"

Jacques Marseille : Les atouts de la France dans la mondialisation sont nombreux. D’abord la « marque » France est un atout en soi. Avec son histoire, son authenticité, la France attire. La géographie de notre pays est exceptionnelle. Notre pays est la première destination mondiale. Nombre de nos PME sont numéro un mondial sans qu’on le sache. Bref, nous avons plein d’atouts que nous n’exploitons pas assez.

AVM : "Quelle devise pourrait redonner confiance aux jeunes entrepreneurs de notre pays ?"

Jacques Marseille : « Aimons-nous nous-mêmes. » (2008)

Par Jean Martin - Publié dans : piques et escarmouches
Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 15:31

Quelques extraits en souvenir d'un "éclaireur", Jacques Marseille (mort en mars 2010) :

 

Dans un entretien au mensuel L'Histoire, Jacques Marseille évoque «une dilution des responsabilités qui crée une irresponsabilité généralisée» avec pour conséquences une Éducation nationale qui ne remplit plus ses engagements, une Université en panne, un ascenseur social en panne et des syndicats d'autant plus agressifs qu'ils sont faibles : «Les effectifs cumulés des trois principales confédérations syndicales représentent moins de 1,2 million de salariés... sur une population active de 24 millions. Cette faiblesse des syndicats, alliée à leurs divisions, les conduit à une surenchère verbale qui n'aide pas à résoudre les crises que traverse le monde du travail, mais contribue en revanche à développer chez les Français une culture de l'amertume et du ressentiment» (*).

Dans le quotidien Le Monde, l'historien enfonce le clou : «Quand comprendra-t-on enfin que la dépense keynesienne est facteur d'inégalités ? Que les ouvriers sont les premiers perdants dans le système de retraites et de santé actuel parce qu'ils cotisent pour les riches ? Que les aides aux entreprises vont à celles qui n'en ont pas besoin ? Que la recherche française fonctionne mal parce que l'Université n'est pas assez sélective ?» (*).

Il ose un retour iconoclaste sur l'Histoire : «Je constate que les grandes réformes ont été portées par des conservateurs. Qui s'est préoccupé de l'extinction du paupérisme ? Napoléon III. Qui a posé les bases des retraites ? Bismarck. Qui a vraiment fondé l'État-providence ? Les libéraux britanniques John Maynard Keynes et Lord Beveridge». Il ajoute avec un zeste de cruauté à propos de la France : «Qui a découplé l'évolution des prix et celle des salaires, une réforme majeure ? La gauche».

Par Jean Martin - Publié dans : politiquement correct
Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 07:37

La république populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949. La vie politique et sociale passe sous le contrôle du Parti communiste : information, enseignement, économie. Des millions de « contre-révolutionnaires » sont internés – les uns exécutés, les autres envoyés en camps de rééducation. Le confucianisme est prohibé, le catholicisme décimé ou réduit en esclavage. Dans un discours de 1957, Mao reconnaîtra la liquidation de 840 000 personnes entre 1949 et 1954. Citation extraite de Jean Sévilla, Le terrorisme intellectuel.

Par Jean Martin - Publié dans : politiquement correct
Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 06:47

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Par Jean Martin
Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 05:26

L'Etat veut réduire le deficit de la sécurité sociale au moyen d'un vaste plan d'économies de 2,5 milliards l'an prochain, rapporte Les Echos. Les patients autant que les professionnels de la santé vont participer à l'effort.

 

Des baisses de remboursement des médicaments et de consultations sont envisagées. Lla sécurité sociale couvrira dans une moindre mesure certains actes chirurgicaux. Une série de mesures particulièrement sensibles mais qui pourrait faire économiser 400 millions d'euros à l'Assurance maladie.

Les autres mesures affectent davantage les laboratoires et les professionnels de la santé. L'objectif de ce dispositif est de contenir la progression des dépenses de remboursement à 2,9% l'an prochain, selon Les Echos.

Parallèlement, du côté des recettes, les entreprises devront cotiser 400 millions d'euros en plus au titre des accidents du travail.

L'Etat souhaite réduire le déficit de la sécurité sociale en 2011 à près de 23 milliards d'euros.  Tout déficit finit en impôt ou en inflation...

 

Ces nouvelles mesures, comme l’ampleur du déficit prouvent que le système de la sécurité sociale en France est constitué sur de mauvaises bases qui rendent l’équilibre impossible malgré la hausse permanente des cotisations et la baisse des remboursements.

Le déséquilibre de la sécurité sociale est du au fait qu’il s’agit d’un système déresponsabilisant :

-         les prescripteurs, médecins en général, ne sont pas les cotisants ;

-         les cotisants ne savent pas combien la sécurité sociale leur coûte puisque les coûts sont répartis dans différents prélèvements, sans compter les concours de l’Etat et le déficit qui n’est pas financé et dont le coût n’apparaît pas sur le moment. ;

-         une partie des personnes soignées ne participent pas du tout au financement. Les dépenses de l’AME (en faveur des immigrés illégaux) sont croissantes ;

-         la multiplicité des caisses et des régimes rend opaque aux citoyens-électeurs les avantages dont bénéficient certaines catégories au détriment des autres ;

-         le consensus entre les partis de gouvernement fait que le fonctionnement de la sécurité sociale et ses coûts ne sont jamais remis en cause.

 

Les Français sont donc pris en otages par un système déresponsabilisant, opaque et coûteux qui profite à certaines catégories dont le lobbying est fort (professionnels de santé, laboratoires pharmaceutiques, fonctionnaires).

C’est le système en lui-même qu’il faudrait remettre en cause pour que le coût de la sécurité sociale ne soit pas croissant pour les Français, détournant au profit de quelques uns une partie croissante de la richesse nationale sans offrir de meilleurs services aux Français.

 

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Par Jean Martin - Publié dans : débat d'idées

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